“On ne met pas son passé dans sa poche, Il faut avoir une maison pour l’y ranger”    J.P Sartre

INFOS COVID-19

Le Musée reste ouvert septembre et octobre sur rendez-vous. Les visites auront lieu à 15h avec un maximum de six adultes et enfants compris. Le port du masque sera obligatoire.

 

L’association pour la sauvegarde du patrimoine d’Entremont est heureuse de vous accueillir, afin de vous faire découvrir notre village et son histoire. Depuis plus de 40 ans, les bénévoles s’engagent au sein de l’association pour promouvoir le patrimoine du village. De nombreux vestiges sont dispersés aux quatre coins du village et attendent d’être découverts.

Pas d'événement actuellement programmé.

Visite du musée :

Où ?

Maison des Patrimoines

43, Résidence de l'Abbaye - Entremont

74130 Glières - Val de Borne

Quand ?

Septembre et Octobre 2020

sur RDV 48h à l'avance en fonction des disponibilités des guides

RDV à 15h

Combien ?

Adultes : 4 €

Enfants : 2 € - Gratuit mois de 6 ans

Tarif spécifique pour les groupes de 10

Réservation ?

48h à l'avance par :

Téléphone : 06.83.48.70.15

Téléphone : 04.50.07.32.04

contact@entremont-patrimoine.com

Terre d’asile et d’espérance

Dès 1938, Entremont accueillit des espagnols émigrés, puis les jeunes français refusant d’aller travailler pour l’occupant en Allemagne. Grâce à la population qui les hébergeait, les ravitaillait et les renseignait, les clandestins purent résister en formant des maquis dans des chalets isolés. Ils organisèrent sur le Plateau des Glières la récupération des parachutages d’armes, avec l’aide d’habitants de la vallée qui les cachaient et les transportaient au péril de leur vie.

Les sentiers de la mémoire

Les combattants des Glières utilisaient un réseau de sentiers cachés qui leur permettait d’assurer clandestinement les liaisons indispensables avec leurs soutiens dans la population locale. C’est également par certains de ces sentiers que l’assaut fut donné depuis la vallée pour décimer les rangs de la Résistance dans un combat inégal. Certains de ces sentiers historiques ont été remis en état, balisés et équipés d’un panneau explicatif historique au point de départ. Pour Entremont : Sentier Jérôme Bozon aux Plains.

 
 

L’opération Entremont

Pendant l’hiver 1944, les maquis se regroupent aux Glières pour faire face à une offensive des Gardes mobiles de la police de Vichy. Dans la nuit du 9 au 10 mars 1944, une section dirigée par Tom Morel encercle Entremont pour tenter un échange de prisonniers avec les Gardes Mobiles. Au cours des tractations, Tom Morel est abattu lâchement par le commandant des Gardes Mobiles. L’agent Geo Decour est également tué, leur garde du corps « Frizon » est grièvement blessé. Les corps des victimes seront remontés vers Glières avec l’aide des habitants d’Entremont. L’armée allemande lancera une grosse offensive pour venir à bout du maquis des Glières, après des combats inégaux et meurtriers.Commenceront alors les représailles contre la population locale qui a aidé les maquis : la boulangerie et de nombreuses fermes d’Entremont sont détruites ou incendiées, des habitants déportés… Mais le 1er août 1944, une quarantaine de résistants participeront au grand parachutage des Glières, prélude à la libération de la Haute-Savoie.

 

 

Culminant à plus de 1400 mètres d’altitude, le plateau des Glières, au cœur du massif des Bornes, était peu connu, presque inaccessible, c’est pourquoi les maquisards l’avaient choisi pour recevoir les armes parachutées par les Alliés et organiser la résistance.

En janvier 1944, c’est sur le plateau des Glières que Théodose Morel, dit Tom Morel, s’installe avec 120 maquisards. Il adopte la devise « Vivre libre ou mourir » et forme son bataillon en vue de livrer les combats de la Libération. Remarquable meneur d’hommes, Tom Morel organise de nombreuses opérations contre les miliciens et les Groupements Mobiles de Réserve de la police de Vichy (GMR), face auxquels il s’illustre par son courage et son abnégation.

Le 9 mars 1944, Tom Morel décide de lancer un assaut de grande envergure contre l’Etat-major du GMR-Aquitaine, à Entremont. Le commandement du GMR n’avait pas respecté son engagement à l’égard de la Résistance en ne libérant pas un maquisard détenu, alors que trente des leurs avaient été relâchés. Dans la nuit, plus d’une centaine de maquisards participent alors à l’opération et l’un des groupes, dirigé par Tom Morel, parvient à pénétrer dans l’Hôtel de France, siège de l’Etat-major des GMR.

<- Ancien Hôtel de France ->

Les maquisards désarment leurs prisonniers, mais le commandant Lefèbvre, chef des GMR, parvient à brandir un pistolet qu’il avait dissimulé. Il tire alors à bout portant sur Tom Morel qui s’effondre, mort sur le coup d’une balle tirée en plein cœur. Il avait 29 ans.

Le corps du lieutenant Théodose Morel est alors porté par ses hommes sur le plateau des Glières où il est enterré lors d’une cérémonie religieuse. Le 2 mai 1944, la dépouille est redescendue dans la vallée ou elle repose désormais au cimetière militaire de Morette, près du lieu que Tom Morel appelait lui même « le premier coin de France qui ait recouvré la liberté ».

En lui décernant à titre posthume la Croix de la Libération, le 5 novembre 1944, le Général De Gaulle dira de Tom Morel qu’il « restera dans l’épopée de la Résistance une incarnation du patriotisme français et l’un des plus prestigieux martyrs de la Savoie ».

Dans l’histoire de la Résistance, Tom Morel reste comme le symbole et le représentant des près de 130 Maquisards tués lors du combat des Glières.

Le 5 novembre 1944, Tom Morel est nommé Compagnon de la Libération à titre posthume par le général De Gaulle.

L’ordre de la Libération a été créé dans le but de récompenser les personnes ou les collectivités militaires ou civiles qui se sont illustrées lors de la Libération de la France lors de la Seconde Guerre mondiale. Deuxième ordre national français après celui de la Légion d’honneur, l’ordre de la Libération ne fut discerné qu’à un nombre très restreint de personnes pour les récompenser de leurs faits dont l’héroïsme et l’exemplarité ont contribué à la libération de notre pays.

En le nommant Compagnon de la Libération, le général De Gaulle dira de Tom Morel:

« Déjà fait chevalier de la Légion d’honneur à vingt-quatre ans pour avoir capturé une compagnie italienne sur le front des Alpes en juin 1940. Instructeur à Saint-Cyr en novembre 1942, a aiguillé ses élèves vers la Résistance, s’est lancé lui-même corps et âme dans la lutte contre l’envahisseur, agissant tour à tour comme camoufleur de matériel, agent de renseignements, propagandiste. Démasqué par l’ennemi, s’est jeté avec une immense foi dans le maquis savoyard. Sans armes, a attaqué en combat singulier un officier allemand qu’il a réduit à l’impuissance. Devenu chef du bataillon des Glières, a été l’âme de la Résistance du Plateau, son chef et son organisateur. Le 9 mars 1944, après avoir enlevé d’assaut le village d’Entremont, a été assassiné lâchement au cours d’une entrevue qu’il avait demandée à ses vaincus pour épargner une effusion inutile de sang français. Restera dans l’épopée de la Résistance une incarnation du patriotisme français et l’un des plus prestigieux martyrs de la Savoie. »

Le souvenir de la nuit tragique du 9 au 10 mars 1944 au cours de laquelle Tom Morel fut assassiné est commémoré chaque année à Entremont.

En mémoire de Tom Morel, le groupe scolaire d’Entremont porte son nom.

Après la mort de Tom Morel, le , c’est le capitaine Anjot qui demande à lui succéder sur le plateau des Glières alors qu’il sait que celui-ci va être attaqué en force par les Allemands. À ce propos, Romans-Petit déclarera : Parmi tous les sacrifices qui ont été faits au moment de Glières, c’est Anjot qui a fait le plus beau. Il savait que tout était perdu. Il l’a dit. Il me l’a dit : « Mon devoir me commande de prendre [ce poste]. Je sais que j’engage une bataille perdue, mais il y a l’honneur, il y a le pays, il y a la France. » Anjot dit à ses proches collaborateurs : J’ai décidé de monter au plateau. Je sais que je n’en reviendrai pas. Je vous dis adieu. […] Ma vie importe peu si je peux sauver celle des autres.

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Pour l’honneur de Résistance, le capitaine Anjot, officier expérimenté, réfléchi et impassible, se battra bien que sachant ce combat désespéré (Sa grande idée est de sauvegarder l’honneur en épargnant le plus possible la vie des hommes, Pierre Golliet). Prenant le commandement du Maquis des Glières le , il réorganise les effectifs disponibles en renforçant le secteur qu’il estime le plus vulnérable et où va effectivement se produire l’attaque allemande principale. Il forme notamment une quatrième compagnie au sud-est avec deux nouvelles sections en première ligne sur l’alpage de Monthiévret, le point le plus accessible du dispositif de défense dont il assure la profondeur avec deux autres sections d’Espagnols expérimentés en seconde ligne. En outre, sachant que le maquis ne pourra pas tenir face à des forces nettement supérieures, il prévoit de baliser d’éventuels itinéraires de repli. Le , il rejette comme inacceptable, inutile et dangereuse pour le moral une ultime entrevue avec les chefs de la Milice française avant l’attaque allemande.

Le , après le pilonnage d’artillerie et le bombardement aérien, il inspecte les positions de combat et encourage les hommes. Lors de son retour, il se trouve dans l’axe de tir de deux avions allemands ; cependant, il poursuit imperturbablement sa marche cadencée sans se soucier du danger (dixit Alphonse Métral, le secrétaire du bataillon). Le soir, apprenant que les Allemands ont ouvert une brèche, mais ignorant qu’ils sont redescendus, le capitaine Anjot, qui estime l’honneur sauf, ordonne l’exfiltration du bataillon des Glières à vingt-deux heures. Comme il a donné l’ordre de décrocher avant l’attaque générale déclenchée le jour suivant, les Allemands, de l’aveu du Kommandeur der Sipo-SD de Lyon, n’obtiennent pas « le résultat espéré au point de vue du nombre de tués et de prisonniers ».

Après une marche harassante dans la neige profonde, le , dans l’après-midi, il tombe, avec cinq maquisards, dans une embuscade tendue par les Allemands près du village de Nâves-Parmelan. Enseveli sur place le , son corps est inhumé le 4 avril au cimetière du village, puis transféré le 18 octobre à la nécropole de Morette où il occupe la tombe n° 67 à côté de celle de Tom Morel.